#1 On dit que le bois « tient chaud l’été » : Vrai ou Faux

#1 On dit que le bois « tient chaud l’été » : Vrai ou Faux

A travers la rubrique « On dit que le bois… », nous faisons le choix de répondre à ces idées reçues, souvent non fondées, préjudiciables à l’utilisation du bois dans la construction ou l’aménagement.

Pour ce premier article, nous avons choisi d’aborder le sujet de la thermique d’été en répondant au on-dit « Durant l’été, Les bâtiments bois retiennent plus de chaleur? ». 

Non.

Souvent accompagnées par différents labels de performances thermiques, les constructions bois sont réputées pour être très efficaces l’hiver. Effectivement, les propriétés du bois ainsi que les procédés de construction permettent aujourd’hui de maintenir un bâtiment à des températures agréables lorsque le mercure approche les valeurs négatives. Mais qu’en est-il du confort d’été ?

Pour maintenir une température inférieure souhaitée au sein d’un bâtiment bois, plusieurs facteurs sont à prendre en compte dès sa conception :

  • La forte résistance thermique globale de la paroi peut diminuer de 2 à 4° C la température intérieure. Les surfaces vitrées jouent ainsi un rôle prépondérant.
    • Pour éviter les surchauffes en été, les surfaces vitrées ne devront pas dépasser 20 à 25 % de la surface habitable. Bien orientées, équipées de protection solaire (brise-soleil, stores réfléchissants extérieurs) elles ont une influence de 2 à 4° C.
  • La ventilation par surventilation nocturne est un élément essentiel du confort d’été. Elle peut ainsi diminuer la température intérieure de 2 à 5° C.
  • La faible inertie des constructions à ossature bois peut être un atout car elles bénéficient d’une très forte réactivité thermique. Facile à chauffer en hiver, il y sera également plus facile et surtout plus rapide d’y abaisser la température intérieure en été.
  • A contrario, les bâtiments à forte inertie thermique s’échauffent en période caniculaire ; après plusieurs jours de canicule, les parois lourdes ne peuvent plus être rafraîchies la nuit et montent en température ; elles deviennent alors des radiateurs rendant le confort thermique impossible.
    • Différents systèmes de rafraîchissement peu énergivores peuvent être mis en place : VMC double flux avec puits provençal, plancher hydraulique chauffant/rafraîchissant, emplois de matériaux à changement de phase.
  • D’autres solutions pour éviter les surchauffes :
    • une lame d’air plus large permettant une sur-ventilation du bardage bois et de la toiture, ou encore de couvrir la toiture ou les façades d’une végétalisation.
    • une bonne maitrise des appareillages électriques, qui amènent des calories dans le bâtiment, même hors utilisation.

La preuve par l’exemple

La Maison des Aînés à Montbrison (42) 8 logements R+1 et espace communautaire

Cet ensemble multigénérationnel se compose de 3 maisons regroupant chacune des logements du T1 au T3, pour les personnes âgées ou handicapées en rez-de-chaussée et à l’étage pour les couples ou les jeunes familles. Chaque maison bénéficie de l’espace communautaire de plain-pied.

L’isolation poussée des ouvrages BEPOS demande d’être vigilant sur la thermique d’été, pour ne pas créer d’inconfort. Deux points ont été évoqués sur l’opération de Montbrison.

  • Pour assurer un bon confort d’été, de la masse a été ajoutée à l’intérieur de l’ouvrage. Les parois verticales de l’enveloppe comportent coté intérieur une projection d’enduit de quelques cm sur un panneau de fibre de bois. Cette inertie intérieure améliore le confort thermique en permettant de stocker et déstocker les calories sur 24 heures.
  • Le positionnement des gaines de chauffe-eau solaire doit être de préférence hors volume habitable, comme l’explique Franck Janin, sur l’opération de Montbrison.

Franck Janin expert thermicien : Comment est vécu le confort d’été ?

« Le confort d’été s’avère correct. L’enduit chaux-sable de 6 cm sur les murs et les planchers collaborants bois-béton, en amenant un peu de masse, a permis de stocker la chaleur le jour et la déstocker la nuit. Nous avons pu constater des baisses importantes de température la nuit qui permettent de retrouver du confort le lendemain. La seule fois où la température est montée à 27°C à l’étage provenait d’une interruption de la ventilation nocturne causée par l’absence des locataires ou par la présence de moustiques… Nous remarquons d’ailleurs que l’on peut avoir du confort dans l’un des logements et pas dans l’autre, cela est lié aux différences de comportements des locataires. »

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