Ce projet commence en 1998, suite à la décision d'édifier une église importante à la place d'une chapelle existante en plein centre ville d'Istres. Pas moins de 16 esquisses seront nécessaires pour la mise au point du projet.
L'édifice conçu initialement par l'architecte François Gautier était un dôme elliptique sur un plan en bois, similaire à celui qui a été bâti en pierre. Ce parti a été imaginé par l'agence (dont deux architectes associés sont sismiciens de spécialité) pour répondre aux conditions parasismiques d'Istres (zone 1B). Il conciliait économie et sobriété de matériaux et harmonie d'un volume sacré.
Le bois n'a pas retenu tous les suffrages de la maîtrise d'ouvrage, derechef imposant la pierre pour la partie dôme du sanctuaire. Resteront en bois le narthex et la tribune située au-dessus, la grande salle, et d'autres locaux bordant le dôme sur deux côtés. La capacité d'accueil de la tribune est de 250 personnes, pour 700 places à l'intérieur de l'église. Ce choix a entraîné quelques servitudes structurelles : des piliers, inexistants dans la version " tout bois " ont dû être interposés dans la grande baie d'ouverture de la tribune sur le dôme. Par ailleurs, les toitures de la salle et de la tribune, en bois, fonctionnent structurellement en membranes horizontales, contribuant au contreventement antisismique des parties maçonnées. Cette solution s'est révélée plus économique que la charpente métallique, la structure en bois satisfait sans protection supplémentaire aux exigences de sécurité incendie en ERP (établissement recevant du public).
Un bardage en bois rare ?
Un bardage en terre cuite avait été prévu en façade sud, mais pour des raisons d'économie, c'est un bois régional, le robinier, ou faux acacia européen, qui lui a été substitué en conformité au classement ERP, en aboutissement d'une recherche menée par l'architecte François Gautier et le délégué régional du CNDB, Jean-Marie Haquette. Comme ils le soulignent, ce bois bien connu des vignerons pour son imputrescibilité naturelle fournissait les piquets de vigne. En vieillissant à l'extérieur à cru, il prend une belle teinte dorée sans taches de tanin ni noircissements, à la différence du châtaignier et du chêne. Ses performances et son apparence valent les meilleurs bois tropicaux classe IV, avec un impact énergétique et environnemental global très favorable (pas de transport intercontinental et facilité de reboisement). Cette essence à croissance très rapide convient au reboisement en terrains caillouteux et acides, Ardèche et Provence, d'autant mieux qu'il brûle difficilement.
Ce bardage élégant répond parfaitement aux exigences du site : climatiquement adapté, économique à la pose et dans le temps, et de qualité environnementale éprouvée. Le bardage est posé en clayettes devant les vitrages toute hauteur à la fois comme brise-soleil et protection physique.
Pour l'entreprise comme pour l'architecte, la construction d'un édifice noble, et plus particulièrement de culte comme celui-ci, chargé de symboles, est, toute considération religieuse mise à part, toujours un moment important de la vie professionnelle.
Calendrier du projet :
1998, début des études.
Novembre 2000, permis de construuire.
Novembre 2002 à janvier 2003, ouverture du chantier de l'église (installation de chantier) et démarrage effectif (génie civil).
15 janvier 2004, la dernière pierre de couronnement (oculus 2.5m x 3.5m) a été posée.
Mars 2004, réception des lots couverture charpente et cuivre ont été réalisés en trois mois.
27 juin 2004 consécration de l'église.
Surface totale utile : 1600 m2, dont plus de la moitié en bois.
Le cubage de bois utilisé est de 185 m2
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