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Interview de Yves-Marie LIGOT, Expert bois du Bureau d'étude Technique LIGOT. Membre du groupe de travail pour la révision de l'I-T 249

 

 

 

 

1. Quelles sont les nouvelles dispositions de l’I-T 249 ?


" L’objectif de ce texte est de qualifier des solutions constructives satisfaisantes vis-à-vis de la réglementation contre l’incendie en particulier, des solutions de jonctions parois verticales -planchers afin d’éviter la propagation du feu d’un étage à l’autre. Le nouveau texte prévoit des solutions constructives génériques approuvées et réputées satisfaisantes."

 

 

2. A quels types de bâtiments s’applique ce texte?


"L’I-T 249 est citée dans deux textes réglementaires : la section « Façades » (article CO19 à CO22) du règlement de sécurité incendie des ERP et aussi dans l’arrêté du 31 janvier 1986 modifié concernant la sécurité incendie dans les habitations. Elle s’applique aux habitations collectives de 3ème et 4ème famille.

La publication de ce document nous ouvre d’importantes possibilités de construire en hauteur pour les bâtiments recevant du public et pour les habitations."

 

 

3. Quelle place tient le matériau bois dans ce texte ?


« L’I-T 249 s’applique à tous les matériaux, elle comporte des solutions qui sont différentes selon les matériaux mais qui répondent toutes aux mêmes exigences. Dans la première édition de ce texte il n’y avait pas de solutions spécifiques bois. Il fallait donc traiter le problème au cas par cas et soumettre les solutions envisagées aux Bureaux de Contrôle, pour obtenir ou non leur validation.

Avec cette révision des solutions bois sont décrites et deviennent conventionnelles comme le sont celles du DTU bois feu 88.

Aujourd’hui nous avons donc de nouveaux moyens de proposer des solutions bois en ERP et en habitation.»

 

 

4. Allons-nous vers une nouvelle « considération » du matériau bois ?


"Certainement, dans le nouveau texte, le matériau bois bénéficie d’un paragraphe comme les autres matériaux au sein du document « §  2.4 : conception et mise en œuvre des façades bois ».

Il comprend 6 solutions génériques décrites de murs rideaux et semi rideaux.

Nous avons aussi souhaité prendre en compte les isolants « naturels ». Certains d’entre eux ne sont pas qualifiés car les fabricants ne font pas faire d’essai pour des questions de coût. Sous certaines conditions, ils pourront malgré tout être incorporés dans les parois."

 

 

5.Vous avez participé à l’élaboration de ce document, avez-vous dû affronter des préjugés sur le bois  ? 


"Même auprès d’experts, Il y a toujours de préjugés sur le bois : « le bois brûle » c’est un fait.

Nous n’avons pas essayé de lutter inutilement contre cela mais plutôt de tirer partie de son caractère prévisible. C’est dans cet esprit que nous avons mis au point les solutions retenues basées principalement sur la mise en œuvre d’épaisseurs de bois suffisantes pour s’opposer à la transmission du feu d’un étage à l’autre.

Il faut dire aussi que suite au Grenelle de l'Environnement, le matériau suscite de l’intérêt et bénéficie d’une plus grande ouverture d’esprit de la part de nos interlocuteurs institutionnels."

 

 

6. Pour valider ce texte législatif il y a-t-il des essais en réel ? Si oui comment se déroulent-ils ?


"Les solutions retenues n’ont pas été testées par essais, elles ont été mise au point et validé par le chargé de « Sécurité incendie » du CSTB (un expert objectif et rigoureux qui n’avait pas d’apriori sur le matériau) puis par la commission centrale de Sécurité de la direction de la sécurité civile.

Parallèlement, une autre solution contenant une isolation à base de bottes de paille a été testée et a obtenu son agrément. L’essai est très intéressant car il se déroule en grandeur réelle. On apprend beaucoup sur le rôle de chaque composant et le comportement de chaque configuration."

 

 

7. Dans le groupe de travail auquel vous avez participé, quelle est la représentation de chaque filière (acier, béton, bois,…) ?


"Ce texte publié au J-O du 6 juillet 2010 était en révision depuis plus de 5 ans. Les représentants de la filière bois ont rejoint le groupe de travaille grâce à l’action de veille du CNDB.

Les solutions sont élaborées en groupe de travail puis proposées en commission. Habituellement on part du texte existant et on le met à jour et on l’améliore, c’est ce qui se fait quand on révise une norme.

Dans ce cas, le bois n’étant pas présent dans l’ancien texte, nous avons dû présenter des solutions que nous avons soutenues devant la Commission centrale de sécurité qui valide ou rejette. Dans cette commission sont présents des représentants de différentes filières, le secrétariat est assuré par le Syndicat des Matériaux de Construction et présidée par une personne du ministère de l’Intérieur, qui se doit d’être objectif. Nous avons eu la chance d’avoir un président bienveillant, très ouvert à nos propositions."

 

 

8.Est-ce que ces nouvelles dispositions vont permettre de penser les ouvrages bois ou mixtes autrement ?


"En effet, ce texte et l’arrivée de nouveaux matériaux disposant de procès verbaux de résistance au feu nous permettent d’envisager des solutions de constructions en hauteur que nous délaissions par manque de justification. Il faut noter que parallèlement le durcissement des exigences thermiques et environnementales ajoute à la pertinence des solutions bois et mixtes.

Des projets qui étaient difficiles à défendre le seront moins et nous verrons bientôt sortir de terre des R+7 en bois! "

 

 

 

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