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Promotion privée pour un organisme public à Dijon

Nouveau siège de l'ONF-Bourgogne

 

 

Le triomphe du bois

La société de promotion SAFIM a fait l’acquisition d’un terrain en ZAC, commande à M.Madiot, architecte, un projet d’immeuble en béton pour des bureaux « blancs », obtient le permis de construire, puis recherche des clients pour ce bâtiment. C’est une VEFA (Vente en Etat de Futur Achèvement). L’ONF se déclare alors client.
Au cours d’une négociation à l’amiable sur la nature du bâtiment, l’ONF formule ses exigences : forte présence de bois certifié et garanties des entreprises constructrices, leur choix étant de la responsabilité du promoteur.

Après une visite à la DDAF (Direction Départementale de l’Agriculture et des Forêts) de l’Aube à Troyes, construite en panneaux Lignatec KLH sur un projet de l’architecte Dominique Tessier, M. Bour (ONF), M.Gaggini (SAFIM) et M.Madiot, architecte, tombent d’accord pour refondre le projet initial dans cette technologie bois.

SHON 1673 m2, R+1 sur sous-sol technique

  • Structure verticale : façades porteuses, tout panneaux Lignatec KLH 128 mm, 100 mm laine de roche, vêture Vetisol pierre reconstituée ; reprise des charges sur mur intérieur longitudinal KLH ; reprise ponctuelle sur portique bois
  • Plancher R+1 panneaux Lignatec KLH 202 mm d’épaisseur + chape de béton de 65 mm
  • Etanchéité pente de 3 % sur panneau Lignatec KLH 108 mm d’épaisseur
  • Surface totale de planchers bois : 1300 m2
  • Volume de bois mis en oeuvre 350 m3
  • Chauffage au bois par plaquette de bois déchiqueté
  • Finitions intérieures : panneau KLH lasurés, cloisonnement plaques de plâtre
  • Montant des travaux : 1800 000 euros HT
  • Lot structure bois : 400 000 euros HT 



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Camion de panneaux lors du déchargement dans un ordre précis défini en amont.
 

Levage d'un panneau de percements

 

 

Vue d'un panneau de percements

 

 

 


Interview > Mr. GAGGINI
  SAFIM, Promoteur

Ce chantier est un peu particulier. Il faut savoir que j’avais un client prêt à signer avant l’ONF, nous avions notre permis de construire, les consultations d’entreprises étaient faites. J'ai accepté de relever le déf : construire autrement. Nous avons tout repensé pour finalement garder que le sous-sol.

Nous sommes dans une ZAC à vocation tertiaire, avec des architectures classiques pour ses progammes, il était par conséquent hors de question d’avoir une structure bois apparente à l’extérieur. L’architecte et moi ne voulions pas de bois non plus pour des raisons de tenue dans le temps, l’ONF a très bien compris cet aspect des choses. Au début j’étais un peu sceptique quant aux structures bois : je connaissais les maisons, en revanche, les bâtiments tertiaires n’ont pas tout à fait les mêmes exigences en matière de réglementation, de DTU, etc.
Il est vrai qu’après avoir visité le bâtiment de Troyes et vu le DVD sur les phases de la construction, l'architecte et moi-même avons été séduits. Nous réalisons pour ce chantier un DVD. Une caméra fixe sur un bâtiment à proximité enregistre tout le chantier, une caméra au sol vient prendre les points singuliers, le détail du montage. On filmera jusqu’aux finitions.

 


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Levage d'un panneau de plancher singulier.  
Dans les airs ! Pose du panneau de plancher
 

 


Interview > M. MADIOT .
  Architecte

«Quand il a été question de l’ONF pour ce pojet de bâtiment, on a recommencé l’étude, mais avec bonheur car cela nous a fait découvrir un autre principe constructif. A présent, je le proposerai le plus souvent possible, pour autant que les maîtres d’ouvrage voudront suivre le procédé et lui faire confiance. Il y a bien sûr un surcoût de 10 à 15%, en fonction des points porteurs, mais le procédé a de l’avenir dans la filière environnementale. Depuis que les forêts sont certifiées il y a un renouveau du matériau bois. Avec les normes acoustiques et thermiques, les chantiers propres, il n’y a que des qualités à trouver au matériau bois.
On n’a pas cherché de qualification HQE sur ce chantier, par contre on fera un audit à la fin du chantier. Avec tout ce qu’on utilise : chaudière bois, structure bois, performances thermiques, on répond à une démarche HQE sur beaucoup de points, ce sera intéressant d’évaluer le bâtiment, même après coup. Dans l’architecture du bâtiment, on a joué sur le contraste, entre son aspect extérieur, une architecture contemporaine, qui accompagne l’urbanisme minéral environnant, et sa structure réelle à l’intérieur, en bois.
L’entrée du bâtiment aura une casquette métallique. Sur une structure bois, les contraintes d’avis techniques limitent le choix pour des vêtures autres que bois, d’où cette vêture minérale.On aurait pu augmenter l’épaisseur du bois au-delà des besoins structurels, avec à l’extérieur une simple vêture, mais il était plus intéressant de profiter de la pose de la vêture pour rajouter une isolation, et rester dans une épaisseur de bois juste structurelle.
On pouvait faire le choix d’un faux-plafond, mais notre souhait était de conserver l’esthétique du bois. Pour la ventilation et le chauffage elles sont dans la circulation centrale grâce à faux-plafond : l’appareillage de climatisation avec soufflage en imposte dans les bureaux, et reprise en bas de portes.
Pour l’éclairage, l’environnement bois (plafonds et mur extérieur) est très favorable, les luminaires seront suspendus.»

 


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Pose d'une poutre double  
Façade ouest avec réserves pour têtes de poutres doubles et porteurs  
Préparation des poteaux .  

 


Interview > M. BOUR
  Directeur territorial de l'ONF

«Quand nous avons décidé de construire, nous avons vu avec le maître d’ouvrage, M.Gaggini (SAFIM), le cahier des charges de ce bâtiment, sachant qu’en ce qui nous concerne, organisme public chargé de la gestion durable des forêts, il était indispensable de promouvoir le bois dans la construction pour ses qualités structurelles, d’isolation thermique et phonique, de fixation du carbone et d’esthétique. Nous avons essayé de concevoir avec M.Gaggini un bâtiment maximisant l’utilisation du bois dans la construction. A ce titre, nous avons pu obtenir une aide substantielle du Conseil Régional de Bourgogne qui est très attaché à la promotion du bois dans la construction.

Nous avons visité le bâtiment de la DDAF de l’Aube, et nous sommes revenus enthousiasmés. Pour nous ONF, c’est très valorisant, c'est une image de l’établissement indispensable alors même que notre gouvernement, et même notre humanité, cherchent à promouvoir la réduction du carbone dans l’atmosphère, il faut que chacun apporte sa "poutre" à l’édifice. Dans cette construction bois, nous allons immobiliser des tonnes de carbone dans un bâtiment superbe, qui, je l’espère, répondra aussi à l’aspiration du personnel.

Le bois est là pour la structure du bâtiment, pour lui donner une convivialité, une chaleur. La pierre est là pour protéger le bois, et comme nous sommes dans un immeuble administratif, dans une zone où tout est en béton, il nous aurait été difficile d’obtenir un permis de construire avec un bâtiment totalement en bois à l’extérieur. Il ne faut pas hésiter à valoriser les qualités des différents matériaux. Ainsi nous aurons des menuiseries PVC, que le maître d’ouvrage a préféré à l’aluminium, tant pour des raisons de thermique que d’entretien, s’agissant de fenêtres et non pas de façades légères. .»

 

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Vue du rez-de-chaussée, une fois couvert..  
Ajustage des panneaux en pied Détail de pose des menuiseries en PVC Fixation des panneaux en tête par vissage.

 

 
Interview > M. ROCHE-GAILLON .
  SACET, entrepreneur

« J’ai démarré l’entreprise en 1973 avec un apprenti un peu qualifié, pour monter à 35 personnes, 40 avec le personnel du bureau. J’ai fait une formation de charpentier dans un LEP, sur Chambéry, sur 2 ans, puis après je suis parti en formation sur le tour de France. Je suis compagnon, j’ai fait le Tour de France pendant 9 ans. J’ai 2 compagnons dans l’entreprise, ainsi que des apprentis et des ouvriers qui font leur tour de France. Au début on ne faisait que de la charpente, puis on s’est mis à la couverture, aujourd'hui on a 6 couvreurs. J ’ai toujours fait de l’escalier, une spécialité de charpente, sur mesure pour des particuliers, tous styles confondus, ce qui emploie à longueur d’année 3 personnes. Nous nous sommes mis à la charpente métallique à l’occasion de chantiers où les deux techniques étaient demandées sur le même lot. Le mécanicien outilleur, qui fait l’entretien de tous nos véhicules, est serrurier de formation, il fait toute la préparation de soudure autonome. Notre bureau d’études fait nos calculs de résistance, aussi bien bois que métal.
Peu de gens répondent sur les deux lots à la fois, en général parce qu’ils ne veulent pas faire de sous-traitance. Cela nous a permis de décrocher des chantiers, c’est la force de notre entreprise. Cela fait avancer l’entreprise, les hommes qui sont dans l’entreprise, de voir de nouvelles techniques, et de progresser.

Q. Comment s’est passée votre découverte du panneau de bois ?
C’est notre première étude et première mise en œuvre sur le KLH. M.Richard, le représentant de Lignatec nous a exposé sommairement le système, sans rentrer dans le détail de la technique de pose. J’ai répondu à partir des prix de fournitures, et je me suis fait aider d’un collègue qui en avait déjà posé en Savoie. Dans la charpente traditionnelle, on n’est pas à 5mm près, j’ai été surpris de voir que des panneaux de 14 mètres taillés au 1/10 e de mm se posent aussi facilement. Au bout de trois jours le bâtiment était levé.

Q. Le raccord avec le gros œuvre ?
Le gros œuvre est un lot séparé pris par une entreprise de maçonnerie qui, elle, ne travaille pas au 1/10 e mm, bien évidemment !
Bien que le procédé KLH n’exige pas de semelles de répartition, nous avons pris cette option pour caler les panneaux sur le béton. On a mis une journée et demie à deux jours pour les mettre en œuvre, calées au millimètre au laser, mais on a gagné du temps après. Si on avait posé le panneau KLH directement sur la dalle, on aurait pu avoir des soucis. Le stress de ce chantier est que la maçonnerie soit finie à temps, qu’on ait le temps de poser nos longrines, et que ce soit tout soit prêt pour décharger les camions, la date est programmée au moins un mois à l’avance. Malgré la marge prévue pour la 2 ème dalle, avec les intempéries, j’ai eu peur qu’elle ne soit prête à temps.

Du lundi au jeudi un camion arrive à 7 heures du matin, et on décharge en posant au fur et à mesure. Les plans de calepinage et les plans de chargement ont été envoyés chez KLH en Autriche, pour que le premier panneau à décharger soit le premier à mettre en place. Les plans de chargement sont faits aussi en fonction du poids maximum par camion, parfois, des panneaux sont à mettre de côté pour être montés avec un chargement suivant. Tout cela suppose en amont une étude du montage et une mise au point du chantier très poussées.

On s’est lancé dans ce dossier parce que c’était nouveau, le premier bâtiment qui se faisait en Bourgogne. Beaucoup d’entreprises n’ont pas voulu se lancer, parce qu’il y avait énormément d’études à réaliser en amont et un coût élevé de fournitures pour peu de main d'oeuvre.


Q. Le procédé vaut d’être reproduit ?
C’est un chantier intéressant pour la rapidité. On travaille au sec, avec les pieds au propre ; stressant, parce que les camions doivent être déchargés pour pouvoir repartir en Autriche et que le lendemain matin on en décharge un autre, donc il faut mettre la pression sur les gens pour que ce soit mis en place dans la journée. Le procédé donne des idées pour faire d’autres types de construction, on peut faire du pavillon, du bureau, du tertiaire, par contre, est-ce adapté pour faire du logement collectif ? En compétition avec d'autres matériaux je ne suis pas certain. J'ai accepté pour montrer que l’entreprise est capable de faire aussi autre chose que de la charpente traditionnelle, le métier évolue, il faut évoluer avec lui.»

 

 



Coordonnées Chantier

 

Maître d'Ouvrage - Réalisation SAFIM (Société d'Aménagement Foncier Immobilier)
8, rue Albert Camus
21000 DIJON
Tél : 03 80 73 24 76
Fax : 03 80 73 29 89

 

Architecte Hervé Madiot
4, Cours du Général de Gaulle
21000 DIJON
Tél. : 03 80 67 46 48
Fax : 03 80 31 68 85


Entreprise SACET (Solivage Aménagement Combles Charpente Escaliers Travaux de Couverture)
ZI rente Logerot
21160 MARSENNEY La Côte
Tél. : 03 80 52 23 56
Fax : 03 80 52 39 87

 

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